Du devoir de parole
Nous sommes une grande civilisation. Et en la matière, nos pères ont pensé, tiré bien des choses au clair et formulé de pertinentes recommandations. Ils nous enseignent, par exemple, que quand on se tient debout sous un arbre et qu’on n’émet aucun bruit, ni aucun sifflement, les oisillons déposent leurs fientes sur votre tête. Nous, à la Loterie Nationale, divulguons le peu que nous faisons : d’heureux gagnants ou des oeuvres de bienfaisance pour prouver à ceux qui n’ont pas encore gagné, qu’en persévérant dans le jeu, sans pour autant tomber dans l’addiction, ils gagneront à leur tour. Ce n’est donc pas par vanité que nous nous comportons d’une telle manière. C’est simplement parce que le monde est ainsi fait et que dans la parole aussi se trouve l’efficacité. Ainsi, toute organisation, laïque ou religieuse, publique ou privée, explique ses actions et en fait une publicité décente. L’acquit de conscience est bon pour le paradis. Ici, sur terre, on plaide, on défend sa position, on campe, on livre bataille. Sur le champ le plus vaste de l’organisation de la communauté, la politique, il est juste et bon de communiquer. Sinon, comme je le disais plus haut, les oisillons déposeront sur notre tête leurs fientes infectes sous la forme d’écrits insidieux et mensongers sur les réseaux sociaux et ailleurs ou sous la forme de paroles futiles, quitte à dresser un écran de fumée sur l’effort qui est fait et l’espoir qu’il suscite. Alors chers amis, sifflons notre mélodie au vent et tenons les oisillons de rien loin de nos jeunes semences, le temps qu’elles germent, poussent et portent des épis dodus pour notre appétit et notre rassasiement.

Gaston ZOSSOU

Directeur Général de la LNB, LNB

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